
Introduction
Vasectomie : définition et indications
Mis à part le port de préservatifs, la vasectomie est la seule méthode de contraception masculine. Cette intervention chirurgicale est autorisée en France depuis 2001. Les chiffres d’une étude conjointe de l’Assurance Maladie et de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) mettent en évidence sa popularité grandissante. Ainsi, plus de 30 000 vasectomies ont été réalisées en 2022 sur le sol national, contre un peu moins de 2000 en 2010.
Le principe de l’intervention est d’interrompre le trajet des canaux déférents. Au nombre de deux, ils mesurent environ 40 cm de long pour un diamètre de 2 mm et relient les testicules à l’urètre. Leur interruption fait que les spermatozoïdes produits ne peuvent plus être transportés vers le milieu extérieur pour féconder un ovule. Ils finissent alors par être dégradés par l’organisme.
Même si certaines nuances s’appliquent, cette stratégie force à considérer la vasectomie comme un acte a priori irréversible. La législation française prévoit donc que la vasectomie, « ne peut être pratiquée que si la personne majeure intéressée a exprimé une volonté libre, motivée et délibérée en considération d'une information claire et complète sur ses conséquences ».
Ainsi, cette intervention chirurgicale ne peut pas être réalisée sur un mineur ou sur une personne privée de ses facultés mentales. Par ailleurs, un délai de réflexion de quatre mois est imposé après la consultation médicale et la volonté du patient doit être confirmée par écrit.
Vasectomie conventionnelle : déroulement
La vasectomie conventionnelle en pratique
Après une vasectomie, la possibilité de réaliser une fécondation in vitro reste entière. Les patients qui souhaitent préserver cette option future doivent alors procéder à une conservation de leur sperme dans un laboratoire agréé.
Par ailleurs, les recommandations à suivre avant l’intervention sont énoncées par le praticien au cours du cycle préopératoire. Elles incluent généralement l’arrêt des traitements à effet anticoagulant et la consommation de tabac, y compris au cours de la convalescence, pour diminuer le risque de complications, infections et troubles cicatriciels notamment.
Déroulement
Au cours d’une vasectomie classique, une fois l’anesthésie générale effective, le chirurgien pratique deux incisions dans le scrotum (peau qui entoure les testicules). Le but est de se donner accès aux canaux déférents afin d’en interrompre la continuité pour stopper le transfert des spermatozoïdes vers le milieu extérieur. Les incisions sont alors refermées avec des points de suture qui disparaissent généralement 4 semaines après l’opération.
Après l’intervention
Suites opératoires
La douleur au niveau de la zone opérée est habituellement modérée et temporaire (1 à 2 semaines en général). Elle est généralement bien prise en charge par un traitement antalgique. Si nécessaire, l’application de poches de glace peut aussi avoir un effet apaisant, tout en luttant contre la formation d’un œdème post-opératoire. Le port d’un « suspensoir », sous-vêtement de maintien des testicules, est aussi conseillé au cours de cette période.
La gêne ressentie au niveau des incisions constitue un autre léger désagrément. Elle peut perdurer quelques jours et il importe de veiller à la propreté des cicatrices en utilisant les produits prescrits. Les douches sont bien entendu possibles mais les bains sont déconseillés jusqu’à la fin de la cicatrisation.
Dans certains cas, un arrêt de travail peut parfois être prescrit. Quoi qu’il en soit, les 7 premiers jours, les activités physiques intenses doivent être évitées. De même, la reprise des rapports sexuels doit attendre la disparition des douleurs.
Sur ce point, il convient d’insister sur le fait que la vasectomie n’est pas tout de suite efficace. Il est donc conseillé d’utiliser une méthode contraceptive dans les semaines qui suivent l’opération. Elle peut être abandonnée quand le spermogrammes réalisé à 3 mois après le traitement attestent de l’absence de spermatozoïdes vivants dans le sperme du patient.
Complications éventuelles
La vasectomie est un acte chirurgical relativement simple dont les complications sont rares. Elles restent cependant possibles en théorie puisque le risque zéro n’existe pas en chirurgie.
Lorsqu’elles se produisent, il peut s’agir d’infections générales ou localisées, de saignements ou de la formation d’un hématome. Dans ce dernier cas, une intervention peut parfois s’avérer nécessaire pour procéder à un drainage.
Enfin, si la vasectomie est efficace chez 99% des sujets opérés, la reperméation des canaux déférents est un phénomène qui peut néanmoins se produire. Une intervention secondaire est alors nécessaire.
Résultat
Comme évoqué plus haut, il faut quelques mois pour que le sperme produit par le patient ne contienne plus de spermatozoïdes actifs. La probabilité d’une grossesse chez la partenaire du sujet vasectomisé est alors quasi nulle. La cause la plus courante de grossesse après une vasectomie tient en des rapports sexuels sans moyen de contraception dans les 12 semaines qui suivent l’intervention.
Une question récurrente au cours des consultations préopératoires est celle d’une possible atteinte de la masculinité par la chirurgie. Sur ce point, il importe de souligner qu’après une vasectomie, la libido, la qualité de l’érection, l’éjaculation ou l’aspect du sperme ne sont pas modifiés. Bref : une chirurgie de vasectomie n’a aucun effet négatif sur la sexualité de l’homme opéré.
Enfin, même si le traitement doit préférentiellement être considéré comme un acte définitif et non réversible, il existe une intervention chirurgicale, la vasovasostomie, éventuellement susceptible de restaurer la fertilité. Son succès est cependant loin d’être garanti : certains chiffres disponibles montrent que moins d’un couple sur deux réussit ensuite à avoir un enfant.
Prendre rendez-vous avec un spécialiste en chirurgie urologique à Paris

