Principes généraux
Introduction
Urolift® : définition et indications
L’Hypertrophie Bénigne de la Prostate (HBP) est aussi appelée « adénome de la prostate ». C’est une affection fréquente qui se développe chez près de 80% des hommes de plus de 50 ans. Elle correspond à une augmentation de taille de la prostate au niveau où elle entoure le col de la vessie et l’urètre sous-vésical.
Bien que souvent asymptomatique, l’HBP peut parfois se traduire par des besoins fréquents et urgents d’uriner, des levers multiples dans la nuit, des difficultés à vider complètement la vessie et un flux urinaire faible ou intermittent.
C’est généralement un traitement médical qui est mis en place en première intention. Il concerne 11 % des hommes de plus de 60 ans sur le sol national. Très souvent efficace, ses effets secondaires gênants sont néanmoins à l’origine de son arrêt dans 10 à 15 % des cas. Une chirurgie peut alors s’avérer nécessaire, mais, quelle que soit sa forme (résection, énucléation laser ou vaporisation prostatique), elle entraîne souvent l’apparition d’une éjaculation rétrograde dans 80 % des cas et nécessite une hospitalisation de quelques jours avec pose systématique d'une sonde vésicale.
L'éjaculation rétrograde est un phénomène où, au lieu que le sperme soit expulsé par l'urètre lors de l'éjaculation, il est dirigé vers la vessie. Ce phénomène n'entraine aucun trouble de l'érection, de la libido ou de l'orgasme mais peut affecter la fertilité ou l'image corporelle que le patient se fait de lui.
Les implants Urolift® constituent une alternative chirurgicale mini-invasive qui permet de prévenir ces différents désagréments.
Pose d’implants Urolift® : déroulement
La pose d’implants Urolift® en pratique
Avant l’intervention, le suivi d’un traitement anti-coagulant ou anti-agrégant doit être signalé au praticien qui peut alors prescrire son arrêt temporaire. Une analyse d’urine est par ailleurs nécessaire, pour détecter une éventuelle infection à soigner avant de procéder à la chirurgie.
Une cystoscopie, examen sous anesthésie locale en ambulatoire est indispensable avant l'intervention afin de vérifier si l'anatomie de la prostate est compatible avec le traitement. Cet examen réalisé avec une caméra souple permet de voir l'intérieur de l'urètre prostatique.
La pose d’implants Urolift® se déroule en chirurgie ambulatoire, le plus souvent sous anesthésie générale, plus rarement rachianesthésie. Au total, l’intervention dure en général moins de 45 minutes.
Déroulement
Une fois l’anesthésie effective, le principe de la méthode est de comprimer mécaniquement les lobes prostatiques en posant selon les cas de 2 à 6 implants. Chacun d’eux est constitué de deux languettes métalliques, reliées par un fil tendu, la première prenant appui sur l’extérieur de la prostate et la seconde sur la paroi interne de l’urètre. Sous le simple effet mécanique de ce dispositif, le diamètre interne de l’urètre est ainsi augmenté, pour faciliter le passage de l'urine. A noter que l'intégralité des implants sont bio-compatible.
Les implants sont mis en place par voie endoscopique à l’aide d’un dispositif dédié (« applicateur »). Pour minimiser le risque d’infection post-opératoire, un antibiotique est systématiquement administré au cours de l’intervention. A la fin de celle-ci, il y une pose d’une sonde urinaire, qui est retiré au bout de 2 heures en salle de reveil.
Après l’intervention
Suites opératoires
Il est fréquent d’avoir un peu de sang dans les urines, en particulier au début de la miction, et ce phénomène peut persister ou réapparaître jusqu’à 4 semaines après l’intervention. D’autre part, dans les jours qui suivent celle-ci, les rapports sexuels sont déconseillés et les activités physiques importantes sont à proscrire pendant 1 mois.
La première consultation postopératoire a lieu quelques semaines après le traitement, pour suivre la bonne évolution du patient et l’amélioration de ses symptômes urinaires. Celle-ci s’étale néanmoins sur plusieurs mois au cours desquels peuvent être ressenties des envies urgentes d’uriner ou des brûlures. Sur cette période peuvent aussi se produire des pertes d’urines par accident et, si elles persistent, de la kinésithérapie peut être prescrite pour accélérer leur disparition.
Complications éventuelles
Comme pour toute intervention chirurgicale, des complications restent possibles, bien qu’elles soient rares. Outre celles communes à de nombreuses interventions (développements infectieux, hématomes, phlébite, embolie pulmonaire…), la pose d’implants Urolift ® peut plus spécifiquement induire des infections urinaires, un saignement dans les urines (hématurie) avec obstruction du canal urinaire, voire une impossibilité complète d’uriner.
De façon générale, certains signes doivent pousser le patient à consulter rapidement, pour permettre de prendre en charge rapidement une quelconque complication, notamment des urines troubles ou malodorantes, de la fièvre, ou des douleurs abdominales, lombaires ou des organes génitaux.
Résultat
Les résultats obtenus après quelques mois sont généralement très satisfaisants, avec une augmentation notable du débit urinaire et une normalisation globale de la miction. Chez une immense majorité de patients, la fonction sexuelle est préservée, avec un maintien complet de la libido, sans troubles de l’érection ou de l’éjaculation.
Il s'agit d'un traitement mini invasif et conservateur avec une stabilité de l'amélioration des symptômes de 80% entre 5 à 7 ans après la chirurgie. La prostate peut continuer à s’hypertrophier et les symptômes sont alors susceptibles de réapparaître, ce qui peut nécessiter une nouvelle intervention, voir une chirurgie conventionnelle (énucléation laser, vaporisation). Enfin, l’HBP est une affection complètement indépendante du cancer de la prostate et la pose d’implants Urolift® ne modifie en rien le risque de développer un cancer au niveau de cet organe.