La chirurgie du cancer de la vessie est le traitement de référence de cette pathologie. Elle peut prendre deux formes principales : RTUV (résection transurétrale de la vessie) ou ablation complète de la vessie (cystectomie totale). Chaque méthode répond à des indications précises, notamment le caractère infiltrant ou non de la tumeur. Les modalités pratiques du traitement (anesthésie, durée, hospitalisation) dépendent de la technique opératoire choisie.
Rappel sur le cancer de la vessie
Le cancer de la vessie est une tumeur urologique fréquente qui touche principalement les hommes après 50 ans.
La vitesse d’évolution du cancer de la vessie est variable et il se manifeste notamment par la présence visible de sang dans les urines (hématurie macroscopique), mais d’autres symptômes existent, en particulier des envies fréquentes, des douleurs vésicales et, dans les formes avancées, une altération de l’état général avec fatigue et anorexie.
Selon les cas, le cancer de la vessie est superficiel (tumeurs non infiltrantes, TVNIM) ou infiltre le muscle vésical (tumeurs infiltrantes, TVIM), ce qui rend le pronostic moins bon.
Opération du cancer de la vessie : les techniques
La chirurgie du cancer de la vessie constitue le traitement de référence de cette pathologie. Elle peut prendre différentes formes.
La plus légère, à visée curative mais aussi diagnostique, est la résection transurétrale de la vessie (RTUV). Elle est réalisée par voie endoscopique, sans incision abdominale. Le chirurgien introduit une mini caméra et un résecteur via l’urètre, pour visualiser l’intérieur de la vessie et retirer la tumeur de manière ciblée. Les fragments sont ensuite analysés afin de déterminer le grade tumoral et la profondeur d’atteinte.
Lorsque la tumeur infiltre le muscle vésical ou présente un risque élevé de progression, c’est une cystectomie totale qui devient nécessaire. Sa réalisation en chirurgie robot assistée offre des avantages multiples, notamment une invasivité moindre, un contrôle accru des gestes, ainsi qu’une réduction du risque de complications et des douleurs post-opératoires.
Le geste consiste à retirer la vessie, ainsi que les ganglions pelviens adjacents. Chez l’homme, l’intervention inclut aussi généralement l’ablation de la prostate et des vésicules séminales. Chez la femme, la plupart du temps, l’utérus et la paroi antérieure du vagin sont aussi retirées.
Après cystectomie, une dérivation urinaire doit être mise en place afin de permettre l’évacuation des urines. Selon les cas, il peut s’agir d’un conduit iléal (type Bricker) ou d’une reconstruction d’une néovessie.
L’intervention en pratique
La résection transurétrale (RTUV) est réalisée sous anesthésie générale ou locorégionale et sa durée est d’environ 1 heure. L’hospitalisation est courte et le retour au domicile a lieu après retrait de la sonde urinaire mise en place en fin d’intervention, à J2 dans la plupart des cas.
Pour sa part, la cystectomie totale est une intervention plus lourde, toujours pratiquée sous anesthésie générale, d’une durée qui varie de 3 à 5 heures. La mise en place d’une néo-vessie prend plus de temps que celle d’une stomie de Bricker. L’hospitalisation est par ailleurs plus longue qu’après RTUV : elle peut atteindre 15 jours dans certains cas.
