Même si certains de leurs symptômes sont proches, il existe des différences entre adénome et cancer de la prostate. L’adénome (« hypertrophie bénigne de la prostate ») correspond à une augmentation non cancéreuse du volume de la glande liée à l’âge. Pour sa part, le cancer de la prostate est une tumeur maligne qui peut menacer le pronostic vital. Les modes de prise en charge de ces deux affections sont donc fondamentalement différents.
Adénome et cancer de la prostate : deux pathologies très différentes
L’adénome de la prostate
L’adénome de la prostate, ou « hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) », est une pathologie répandue et liée au vieillissement. Elle correspond à une croissance non cancéreuse des cellules situées dans la zone de transition de la prostate (« urètre prostatique »).
Ce phénomène est favorisé par des facteurs hormonaux, en particulier l’action de la dihydrotestostérone (DHT), un dérivé de la testostérone, qui agit directement sur les cellules prostatiques et stimule leur croissance.
L’HBP touche plus de 50 % des hommes après 60 ans. Cette affection provoque une compression progressive de l’urètre, entraînant des troubles urinaires : besoin pressant d’uriner, faiblesse du jet, sensation de vidange incomplète et mictions nocturnes fréquentes. Bien qu’elle puisse être invalidante au quotidien, cette pathologie n’augmente pas le risque de cancer.
Le cancer de la prostate
Pour sa part, le cancer de la prostate est une tumeur maligne qui se développe généralement à partir de la zone périphérique de la glande. Dans plus de 95 % des cas, il s’agit d’un adénocarcinome.
Les facteurs de risque du cancer de la prostate incluent l’âge, une prédisposition génétique et, peut-être, des habitudes alimentaires riches en graisses animales. Cette maladie reste souvent silencieuse à ses premiers stades.
Plus tard, certains des symptômes du cancer de la prostate les plus fréquents sont proches de ceux de l’HBP : mictions répétées, notamment la nuit, difficultés à uriner, diminution du jet urinaire ou encore sensation de vidange incomplète de la vessie. Une hématurie (présence de sang dans les urines) ou une hémospermie (sang dans le sperme) peuvent parfois aussi être observées, accompagnées ou non de douleurs pelviennes ou périnéales persistantes.
Une fatigue inhabituelle et une perte de poids inexpliquée font également partie des signes évocateurs de la pathologie. Enfin, aux stades avancés, la propagation du cancer sous forme de métastases peut induire des douleurs osseuses, en particulier au niveau du bassin, des vertèbres ou des côtes.
Des modes de prise en charge différents
Le traitement de l’HBP dépend de l’ampleur des symptômes. En cas de gêne modérée, des médicaments permettent d’améliorer le confort urinaire. Si les troubles deviennent plus sévères une chirurgie peut alors être envisagée. La résection transurétrale de la prostate (RTUP) a longtemps été la référence en la matière. Cependant, aujourd’hui, il existe des alternatives : laser, embolisation, pose d’implants Urolift® etc.
Quant à elle, la prise en charge du cancer de la prostate varie selon le degré d’avancement de la pathologie, l’agressivité tumorale et l’état général du patient. Pour les formes peu évolutives, une surveillance active peut suffire. Dans les cas localisés à risque intermédiaire ou élevé, un traitement curatif est indiqué : chirurgie (prostatectomie totale), radiothérapie externe ou curiethérapie.
Dans les situations plus avancées avec extension locale ou métastatique, l’hormonothérapie aide à bloquer la production de testostérone. Une chimiothérapie peut parfois aussi s’avérer nécessaire.







